De solides rouges parmi les Empereurs

Redégusté l’autre jour, lors d’une soirée très amicale, une belle série de vins de la Cave La Romaine (Joël Briguet) à Flanthey. On connaît l’Humagne rouge (photo), primus inter pares, comme le millésime précédent, aux Etoiles du Valais. D’autres rouges méritent le détour. Parmi les costauds de la cave…

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L’Assemblage Caligula 2009, mariant 50% de merlot, 35% de cabernet sauvignon et 15% de cabernet francs élevé en barrique (70% de bois neuf). Plus bordelais que romain, ce gaillard-là.  Et ça se retrouve en bouche où un fruité bien présent (baies noires) se marie à une touche évoquant plus les herbes aromatiques que le poivron du cabernet. Une magnifique fraîcheur et des tannins solides.

La Syrah Vieilles Vignes 2009 qui a vécu 18 mois en barriques avant de prendre place, en novembre dernier, dans les bouteilles. Là aussi, une palette aromatique assez impressionnante: cassis, mûron, girofle, poivre, cannelle. Jolie élégance, aucune lourdeur, des tannins assez costauds. Une barrique bien maîtrisée.

Le Merlot 2009, enfin, coup de coeur de l’oenologue Vincent Tenud. Là encore une belle maîtrise de l’élevage sous bois. Un vrai costaud avec une belle palette de fruits noirs et d’épices. Et toujours ce savant équilibre entre une belle extraction, la maturité du fruit et la fraîcheur. Tannins solides et bien serrés.

joel-briguet.jpg Joël Briguet

Cave Caprice du Temps

Après la dégustation de l’Ermitage, quelques données supplémentaires sur la Cave Caprice du Temps à Miège.

Fondée par Hugues Clavien en 1980, la Cave se situe sous la maison familiale. En 1996, à la sortie de sa formation en viticulture et oenologie à Changins, Léonard rejoint officiellement son papa dans l’entreprise. Hugues se consacre essentiellement à la vigne, Léonard à la cave.  Le duo - bien secondé par leurs épouses  - encave le produit de 4 hectares, en majorité sur la commune de Veyras, mais aussi sur Miège et Venthône.

Avec 21 bouteilles, c’est une gamme très complète que propose la famille Clavien. En Valais, quand on parle de la Cave Caprice du Temps,  on pense généralement à l’Humagne blanc, un vin tout en finesse, toujours très réussi chez les Clavien. Mais bien d’autres crus méritent le détour. Léonard avoue un faible pour le Païen, la Syrah et le Cornalin.  Mais on trouvera aussi les classiques (Fendant, Pinot noir ou Gamay) ainsi que deux assemblages en fût de chêne, un blanc et un rouge.

Ermitage verre-bouteille

Et puis il y a le fameux Ermitage présenté comme Vin de la Semaine dans la rubrique-conseil de Canal9.  Chez les Clavien, la marsanne est parfois conservée sur la vigne pour élaborer un liquoreux, d’autres fois réservée à l’Ermitage sec que nous avons dégusté. La plus vieille parcelle, située au sommet des Bernunes, sur la commune de Veyras, avoue plus de 40 ans d’âge. La seconde, sur la commune de Miège approche des 2o ans.

Pour leur Ermitage sec,  les Clavien visent une maturité supérieure à 100° Oechslé (107° Oechslé en 2010). Les rendements avoisinent les 700 grammes au mètre. La vinification est faite en cuves inox. Le vin est stabilisé après la fermentation alcoolique afin de conserver une fraîcheur équilibrante. Car il est riche, le bougre. Mais son opulence est parfaitement balancée par l’acidité.  La mise en bouteille intervient à la fin du printemps.  ”J’aime beaucoup ce cépage, riche, puissant, avec beaucoup de caractère et une bonne expression sur le fruit”,  avoue Léonard Clavien. Et nous aussi!

Ermitage dégustation

Le vin de la semaine: Ermitage 2010 Hugues et Léonard Clavien

Un Ermitage de haute tenue. Celui de la Cave Caprice du Temps, de Hugues et Léonard Clavien. Un vin magnifique que nous présente Corinne Clavien, notre oenologue cantonale. Si vous ne voyez rien ci-dessous, suivez ce lien

Fully, capitale de la Petite Arvine

Fully mérite bien le titre de capitale de la Petite Arvine: même si c’est la commune de Sion qui a la plus grosse production 2011 (194′000 litres contre 188′000 litres pour Fully), rapporté à la taille du vignoble, Fully domine. 571 litres d’Arvine à l’hectare de vignoble contre 470 litres pour Sion. A Fully, la Petite Arvine est le 4e cépage, le 2e cépage blanc, derrière le Fendant. La situation est presque la même à Sion. La Petite Arvine arrive aussi en 4e position, mais elle n’est que 3e parmi les cépages blancs, derrière le Fendant et le Johannisberg.

Leytron, capitale du Cornalin

Leytron est bel et bien la capitale du Cornalin. Ce n’est pas moi qui l’affirme, mais tout simplement la statistique. Et là, tout (ou presque) parle en faveur de Leytron qui s’impose doublement. C’est dans cette commune qu’on produit la plus grande quantité de Cornalin (136′000 litres aux dernières vendanges), devant Sierre (118′000 litres) et Chamoson (93′000 litres). Rapporté à la taille du vignoble, Leytron s’impose à nouveau. On y produit 535 litres de Cornalin par hectare de vignoble, contre 477 lt/ha à Loèche et 426 lt/ha à Sierre.

Mais il est un domaine où Leytron n’est pas en tête. Le Cornalin n’y est que le 6e cépage le plus planté, le 5e cépage rouge, derrière le Pinot noir, le Gamay, la Syrah et l’Humagne rouge. C’est à Salquenen que le Cornalin est le mieux placé: 4e cépage et 2e rouge derrière le roi Pinot noir.

Et Lens, me direz-vous ? La commune qui héberge la fête du Cornalin et la future Maison du Cornalin figure dans les profondeurs des classements. On n’y a produit que 14′000 litres de Cornalin l’an dernier, soit seulement 110 litres par hectare de vignoble. Et le Cornalin n’y est que le 9e cépage, le 4e rouge derrière le Pinot noir, le Gamay et l’Humagne rouge.

Mais tout cela n’est que statistique!

Cave Maurice Zufferey

Maurice Zufferey encave la production de 9 ha de vignes. Un riche éventail de parcelles situées sur les communes de Sierre, Venthône et Veyras. Pour faire simple, deux tiers de rouges, un tiers de blanc et une grosse dizaine de cépages. Quelques vieilles vignes, notamment du pinot noir approchant les 40 ans.

Parmi  les vins vedettes de la cave, le nouvel assemblage, Orchis, dont le millésime 2009 a obtenu le meilleur pointage au Grand Prix du vin suisse. Un mariage de merlot, de syrah, de cornalin et d’humagne rouge élevé en barrique.

Autre vin de classe, la Syrah Maison Rouge. La 2010 a été présentée comme Vin de la semaine sur Canal9 . Un Syrah élevée en cuves sur ce millésime (parfois une partie passe barrique), corsée et fruitée à souhait.

Egalement dans les favoris de la cave, les deux bouteilles de Cornalin, l’une avec un élevage en cuve, l’autre, baptisée Cornalin de Viouc, élevée en barrique.  Deux vins toujours très réussis à l’image du 2009, Etoile du Valais dans sa catégorie en 2010.

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Notons encore la présence sur la carte d’excellents pinots noirs, un élevé en cuve, l’autre sous bois, et la Petite Arvine Les Grands Rayes, généralement très bien réussie.

Tout savoir sur la Syrah 2010
Maurice Zufferey possède deux parchets de syrah. Le principal - 90% de la production - est situé à Maison Rouge, sur la commune de Sierre, l’autre au-dessus de Muraz, sur le territoire de Venthône. Quelque 5000 mètres carrés de vignes âgées de 11 ans. “Si j’ai choisi Maison Rouge, c’est pour ses sols. Très peu de calcaire dans cette zone, comme en Côtes du Rhône où les terres sont acides”, explique le vigneron-encaveur. Cultivées en guyot, les ceps offrent des rendements limités à 700 grammes au mètre carré. Le millésime 2010 a été récolté à 105° Oechslé.
La vinification est plutôt traditionnelle. A noter toutefois l’utilisation de cuves rotatives pour obtenir une extraction plus importantes. Le besoin d’aération de la syrah - dont on connaît la tendance à la réduction - incite Maurice Zufferey a opter certaines années pour un élevage partiel en barriques. Rien de tel avec le 2010, resté dans les cuves jusqu’au moment de la mise en bouteilles. Un conditionnement effectué en août, histoire de laisse au vin le temps de se faire.

Quatre spécialités sous la loupe


Aux vendanges 2011, on a récolté en Valais 1801 tonnes de petite arvine. On en a tiré 1,441 millions de litres. La maturité moyenne de l’arvine dépassait les 100° Oechslé (100.6) soit 23.9 Brix.

La récolte de païen est encore sensiblement moindre. On a encavé 935 tonnes de raisin dont on a tiré 748′000 litres. La maturité moyenne ascendait à 99,2° Oechslé ou 23.59 Brix.

Côté rouge, on a récolté 1136 tonnes de cornalin.  Après pressurage, on a vinifié 897′000 litres avec des taux de sucre naturel de 97.6° Oechslé soit 23.25 Brix.

L’humagne rouge a fait mieux. 1574 tonnes de raisin pour 1,244 millions de litres. Avec pour ce cépage réputé chiche en sucre, des sondages moyens intéressants: 93.3° Oechlsé (22.29 Brix).

Dégustation: humagne blanche 2009…

Humagne blanche 2009 de la Cave Defayes Crettenand. Une robe assez pâle, comme souvent pour ce cépage. Un nez assez expressif, avec des notes florales, une touche évoquant la poire. La bouche est pleine, ronde. Une note de résine en plus des arômes perçus au nez, qui se renforce au fil de la dégustation. Une vraie présence. Finement tannique en finale. Un vrai vin de caractère, mais dans la subtilité.

Enfin une définition de la beuverie!

Une info de l’AFP…
Que celles et ceux qui n’ont jamais pris part à une telle “beuverie” lèvent le doigt.

Les adultes aux Etats-Unis se livrent à des beuveries quatre fois par mois en moyenne, durant lesquelles la plupart consomment environ huit verres d’alcool. C’est ce que révèle un rapport des autorités sanitaires américaines publié mardi, à partir d’un questionnaire rempli par 458 000 Américains âgés d’au moins 18 ans.

Plus de 38 millions d’Américains s’adonnent régulièrement à cette surconsommation d’alcool, déplorent les Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC).
Plus d’un quart des jeunes adultes se soûlent régulièrement

Ces beuveries sont plus communes chez les jeunes adultes de 18 à 24 ans et de 25 à 34 ans (respectivement 28,2% et 27,9%).

Les personnes âgées de 65 ans et plus sont moins nombreuses en proportion à participer à ces soûleries, mais elles le font en revanche plus souvent que la moyenne des adultes, avec une fréquence de cinq à six fois par mois.

Ces beuveries sont plus habituelles parmi les ménages avec des revenus annuels d’au moins 75 000 dollars (59 000 euros). Mais le nombre de verres consommés lors de ces occasions est nettement plus élevé chez les Américains gagnant moins de 25 000 dollars (20 000 euros) par an et peut aller jusqu’à huit ou neuf, précisent les CDC.
Qu’est-ce qu’une beuverie ?

Selon les critères des CDC, une beuverie se définit pour les femmes par le fait de consommer au moins quatre verres de boisson alcoolisée. Pour les hommes, au moins cinq verres.

«Ces beuveries sont responsables d’un grand nombre de problèmes de santé ou de problèmes socio-économiques, et ce rapport confirme que ce phénomène est vraiment répandu», relève le Dr Thomas Frieden, directeur des CDC.

«Boire excessivement provoque 80 000 décès par an aux Etats-Unis et a coûté 223,5 milliards à l’économie en 2006″, précisent les auteurs du rapport.

Païen 2007 de Jacques Disner

Bu hier, en accompagnement d’un très beau trio de St-Jacques, le Païen 2007 de la Cave à Polyte à Chamoson. J’avoue que je ne me souvenais plus de ce millésime. Je croyais d’ailleurs avoir commandé le 2008. Mais pas de déception, loin s’en est fallu. La robe était déjà très attirante, d’un beau jaune doré. Le nez poursuivait cette oeuvre de séduction, avec des arômes d’agrumes bien mûrs, de fruits exotiques aussi. Une palette qu’on retrouvait dès l’attaque de bouche. Avec du volume, une certaine rondeur, mais aussi une fraîcheur et une vivacité très tonique en fin de bouche. Une très jolie bouteille.



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