Amignes: une verticale convaincante

Peu de monde pour la verticale d’Amignes proposée dans le cadre de la Fleur d’Amigne à Vétroz. Une quarantaine de personnes pour quatre séances menées par Paolo Basso, deux fois deuxième sommelier du monde. Dommage, car la démonstration était à mon sens plutôt convaincante.

Elle a débuté par une Amigne 2003 de Romain Papilloud (cave du Vieux-Moulin). Un vin complexe au nez avec une note miellée, un fruité très mûr (gelée de mandarine), une note florale évoquant le jasmin et une touche poivrée. En bouche, fraîcheur, douceur, amertume lui confèrent pas mal d’élégance et d’équilibre. Un peu d’astingence et une certaine chaleur d’alcool nuancent un peu le jugement.

Beau sujet aussi que l’Amigne 2002 d’André Fontannaz  (Cave la Madeleine). Des épices, du pamplemousse, du melon, de la mie de pain et (pour Paolo Basso) du sirop d’érable. La bouche est fine et complexe, très sapide avec une note saline. “Ce vin de 2002 est à son apogée”, a estimé le sommelier.

J’ai beaucoup aimé le 1999 de Fabienne Cottagnoud. Mais son côté oxydatif rappelant un peu le Fino de Jerez en fait un vin un peu à part. Résine, tabac, noix caractérisent le nez. La bouche est ample, grasse, avec des notes fumées et minérales. La finale est un peu courte, mais le vin très intéressant.

Je passe sur deux vins qui m’ont moins passionné. J’arrive alors sur le 1993 d’André Fontannaz, marqué par un nez évolué, iodé, finement pétrolé. La bouche est un peu pâlichonne, droite, voire linéaire. Même la persistance est étonnante, sur des notes de cognac, avec un côté iodé. Intéressant.

Autre vin un peu austère: le 1991 de Jean-René Germanier. Le nez sur les notes florales, le malt et le massepain, m’a séduit. Tout comme les épices et l’ampleur finale, à nouveau sur une note iodée.  Un peu comme une arvine? “Le côté salin est peut-être plus une caractéristique du terroir valaisan que de l’arvine”, a lâché sans en avoir l’air Paolo Basso. Une réflexion intéressante…

Du même producteur, le 1990 a fait encore mieux. Nez d’agrumes - citron vert et pamplemousse. Bouche agréable, avec une belle acidité et une évolution harmonieuse. Un palais plein pour un vin salin (encore!) et goûteux.

Moralité: l’amigne se garde. Voir aussi le jugement de Paolo Basso sur CANAL9

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